1978: Daniel Balavoine crève le plafond des hit- parades avec «Le chanteur»; un texte noir, désespéré, que l'on prendra pour une parodie. Il a vingt-six ans.
1986 : il n'a pas encore trente-quatre ans lorsqu'il se tue lors d'une mission humanitaire dans les plaines arides de l'Afrique.
En huit ans, il était devenu l'un des artistes les plus populaires du pays. Une anti-star qui poussait ses coups de gueule, qui occupait la scène avec une énergie hors du commun. Il voulait faire un rock mélodique, devenir une espèce de Peter Gabriel français. Il voulait aussi remuer les esprits.
Dix ans après sa mort, une association d'aide à l'Afrique porte toujours son nom.
La bouille ronde, les yeux noirs, la voix aiguisée comme un couteau... il avait l'allure d'un adolescent un peu boudeur, un peu provoc. Sa carrière ?
Elle ne sera plus qu'une suite de succès, de coups de gueule, de coups de coeur.
Dix albums, des centaines de milliers d'exemplaires vendus, des tournées dans toute la France, des rapports pas toujours roses avec les critiques. Balavoine qui séduit, Balavoine qui irrite. Il s'en moquait. Sa vie était synonyme de passion.
Il l'a perdue en aidant les autres...
Presque une mort de héros.
Pour Balavoine, la chanson aura d'abord été le moyen de prendre la parole.
Ce qu'il voulait avant tout, c'était dire, témoigner, s'engager. Pour un peu, il se serait lancé dans une tout autre voie.
Mehdi